Sortie de crise : la donnée au cœur de la relance

Les entreprises s’efforcent actuellement de se transformer et de répondre à un contexte qui évolue rapidement. Mais leurs solutions sont encore trop souvent liées à une approche traditionnelle, associant trop étroitement la transformation numérique à la technologie plutôt qu’aux données qui la sous-tendent.

Elles ont besoin d’un changement culturel qui mette davantage l’accent sur la libération des données et des analyses, tout en s’appuyant sur l’humain en profitant de la main-d’œuvre déjà existante des « Citizen Data Scientists », inexploités jusqu’alors.

La transformation numérique basée sur la créativité humaine, et rendue possible par les outils d’analyse, l’automatisation des processus et l’implication des différents métiers de l’entreprise dans ce procédé, est un impératif stratégique pour de nombreuses entreprises, en France comme ailleurs. Les données sont vectrices de démocratisation et d’unification dans les entreprises, mais ce n’est pas l’existence des données en elles-mêmes qui permet le décloisonnement. Il faut les rendre accessibles, compréhensibles et utilisables par tous, quel que soit le savoir-faire technique de la personne amenée à les utiliser. Au fur et à mesure que les entreprises apprennent à extraire et à utiliser leurs données, le besoin d’une culture axée sur les données grandit. En période de bonne santé économique les entreprises comptent sur les données et les analyses pour être compétitives, mais la donne change en période d’incertitude, et les besoins doivent s’adapter. Une bonne culture des données devient aujourd’hui vitale pour prendre de meilleures décisions, nous rappelant que des données et analyses précises et opportunes sont à la base des décisions opérationnelles cruciales. La crise sanitaire que nous sommes en train de traverser a catalysé ces besoins, et les dirigeants des petites entreprises comme des grandes se rendent compte que la pandémie a accéléré les initiatives de transformations numériques, notamment pour permettre aux employés de travailler ensemble de façon transparente et fluide alors qu’ils ne sont plus sur site.

La crise du COVID-19 nous a en effet montré que l’aspect collaboratif était essentiel, encore plus lorsque l’on travaille de chez soi. En effet, les réunions de visu ne sont plus la norme et, bien que les solutions de visio-conférence se soient énormément améliorées, elles ne remplacent pas la fluidité des échanges en face à face. De plus, au cœur du confinement, de nombreuses entreprises se sont rendues compte que leurs prédictions et leur gestion du risque n’étaient plus valides, nécessitant une nouvelle validation et une remise à jour des modèles prédictifs utilisés jusqu’alors afin de pouvoir survivre. De nombreux défis sont apparus en matière de données, exigeant d’améliorer les compétences de tous les employés afin que chaque métier puisse participer à son niveau à la modélisation et l’analyse des données. Qu’il s’agisse du séquençage du génome du virus, de l’analyse géospatiale pour gérer et suivre sa propagation, de la modélisation prédictive pour anticiper les besoins en équipements de protection, de l’identification des chaînes d’approvisionnement alternatives pour leur fabrication, mais également de la logistique nécessaire pour rediriger les produits des restaurants fermés vers les magasins d’alimentation, cette situation exceptionnelle a montré que la donnée était la pierre angulaire de l’innovation et de la prise de décision.

Si l’on parle par exemple de la chaîne logistique, une gestion efficace nécessite la prise en compte de nombreux facteurs internes et externes susceptibles d’avoir un impact sur les stocks. L’analyse des données peut contribuer à renforcer la capacité des entreprises à répondre aux situations d’urgence en anticipant la demande, et ainsi à maintenir en mouvement les principaux éléments de la chaîne. Il est bien évidemment difficile de prévoir ou d’anticiper les catastrophes naturelles ou les accidents. La capacité à établir un plan en cas de perturbations et/ou de pénuries est alors vitale pour pouvoir imaginer des scénarios et mettre en place des plans de reprise d’activité qui n’impactent pas trop fortement les opérations. Pour ce faire, les entreprises vont devoir travailler sur plusieurs points alors que nous sortons de la crise : rendre les données transparentes, ce qui leur permettra d’évaluer leur exposition aux risques, laissant ainsi la possibilité de formuler des recommandations quant au plan à établir.

Les entreprises françaises font souvent état de la complexité du monde de l’analyse des données, qui demandait jusqu’alors trop de temps pour chercher les bonnes sources de données et les informations pertinentes à la résolution de problèmes. Elles luttent aussi pour rendre l’analyse opérationnelle et déployable en un minimum de temps, et sans intervention humaine. Mais les logiciels permettant la création de processus analytiques peuvent aujourd’hui les accompagner et les aider à unifier les données, les processus d’analyse et les personnes, pour les guider dans leur transformation numérique alors qu’elles s’efforcent de se relever après une période compliquée, avec des effectifs réduits – temporairement ou définitivement. C’est en combinant l’imagination des humains, la puissance des données et la vitesse de calcul moderne que les entreprises pourront optimiser leurs ressources et se préparer pour le monde de demain. C’est aussi le rôle des éditeurs de solutions d’analyse que de faciliter cette transformation, en permettant aux experts métiers aussi bien qu’à tous les employés d’ajouter sa pierre à l’édifice de l’analytique, en facilitant la préparation, le traitement et le rendu des données, tout en permettant aux uns et aux autres de communiquer ensemble pour échanger des cas d’usages, des conseils et des idées. Automatisation et communauté sont les maîtres mots qui rendront possible ce vœu pieu.

Tout le monde peut aujourd’hui, quel que soit son service ou son métier, devenir un citoyen de la donnée, et participer à la résolution de problèmes à fort impact dans toutes les parties de l’organisation, qu’il s’agisse d’optimisation des coûts, d’analyse prédictive ou d’innovation, et ainsi contribuer à la création d’une véritable culture de la donnée dans les entreprises françaises.

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